Le chef de l'Etat au 4RE : «La France, vous la servez avec honneur et fidélité»

12 mars 2021 à Castelnaudary. M. Emmanuel Macron, chef de l’Etat, visite le 4e Régiment étranger, coeur du système de formation Légion, et rencontre des légionnaires à l'instruction.

Le président de la République était accompagné de Mme Florence Parly, ministre des Armées, du président Cambon, président de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, du général d’armée Lecointre, chef d’état-major des armées, du général d’armée Burkhard, chef d’état-major de l’armée de Terre et ancien officier du 4e RE, de l’amiral Rolland, chef de l’état-major particulier du président de la République et du général de division aérienne Mandon, chef du cabinet militaire de la ministre des Armées.

 

A sa descente d’hélicoptère, le président de la République a été accueilli par le chef de corps du 4e RE et le préfet de l’Aude, M. Bonnier, puis a procédé à l’« accueil républicain » où étaient présents Mme la présidente DUMAS, présidente de la commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale, Mme Jourda, sénatrice de l’Aude, Mme Robert, députée de la circonscription de Castelnaudary et députée des Fortes têtes, les autres députés de l’Aude, M. Maugard, maire de Castelnaudary et 1ère classe d’honneur de la Légion étrangère, ainsi que d’autres élus locaux.

Pour des raisons d’unité de lieu, de sécurité et afin de respecter un agenda de visite serré, c’est le site de la ferme du Cuin, lieu de formation de la 2e compagnie d’engagés volontaires (2e CEV) à vingt kilomètres au sud de Castelnaudary, qui a été choisi pour cette visite inédite dans l’histoire des Fortes têtes.

Sous une météo plus qu’incertaine, qui a obligé le 4 à envisager de nombreuses options et sous-options pour cette visite du n°1 des armées, et après un bref tour d’horizon, le président s’est vu expliquer que la Légion étrangère est une force combattante de l’armée de Terre de 9000 hommes, composée d’étrangers sous commandement français, puis qu’il s’agit d’un modèle unique au monde, qui fonctionne depuis 190 ans, qui est le seul capable d’intégrer 149 nationalités différentes en une force combattante qui a prouvé son efficacité à travers l’histoire et, enfin, que toute cette « alchimie » n’est certainement possible qu’en France.

A travers plusieurs échanges, il a été expliqué au président de la République que les légionnaires sont les héritiers d’une vieille et noble institution qui repose sur le principe fondateur de l’amalgame et qui permet de fondre des étrangers, avec leurs richesses, en une force collective impressionnante, parce que la Légion, troupe de culture française, respecte trois critères longuement éprouvés.

Le premier d’entre eux est le volontariat, donc la générosité : la Légion est un capteur de générosités, le plus souvent nourries par la fameuse notion de la « seconde chance », qu’elle assemble en un tout cohérent.

Le deuxième est la langue commune, le français, c’est-à-dire une culture, une façon de se comporter typiquement française.

Le troisième est l’histoire commune, l’histoire de la Légion étrangère, qui se confond bien souvent avec l’histoire de France et, pour le recrutement, l’histoire du monde, ainsi que le culte des Anciens, dont 40 000 d’entre eux ont donné leur vie pour la France, respectant les mots « honneur » et « fidélité » inscrits sur les drapeaux de la Légion. Cette histoire légionnaire s’illustre dans les traditions Légion et le riche et célèbre patrimoine de celle-ci ; cette histoire se retrouve également dans le culte de la mission, qui se passe de commentaire et fait, simplement et sobrement, l’objet de l’article 6 du Code du légionnaire.

Ces critères d’excellence, qui permettent de forger des repères pour tous ces jeunes aux expériences très diverses, qui leur donnent une famille (legio patria nostra), qui permettent à la Légion d’être un « bloc », soudé et fraternel, sont englobés par le principe du contrat, que renouvelle régulièrement le légionnaire tout au long de sa carrière, contrat symbolisé par le Code d’honneur : la Légion étrangère accepte le volontaire comme un tout, avec ses forces et ses faiblesses, en fait un soldat au service de la France, l’accompagne éventuellement vers la naturalisation, et en attend tout en retour.

Le chef de l’Etat et ses accompagnateurs se s’ont vu expliquer que ces critères de construction de la Légion ne sont pas une invention récente ou une improvisation, mais bien un héritage que les plus anciens ont à cœur d’enseigner aux plus jeunes et, surtout, d’entretenir. Il est bien attendu du futur légionnaire, non seulement qu’il accepte cet héritage mais en plus qu’il le fasse sien.

Outre les missions du 4e RE et l’autonomie consentie au général commandant la Légion pour centraliser à son niveau le recrutement, la formation, à travers le 4e RE, la gestion des ressources humaines, la sécurité, etc., c’est surtout la pédagogie légionnaire qui a été mise en application sous les yeux du président, à travers une séquence « formation initiale », incarnée par une toute jeune section à l’instruction de la 2e CEV, puis une séquence « formation continue de cursus », montée par la compagnie d’instruction des cadres, en particulier le peloton de formation tactique des sergents d’infanterie, et enfin une séquence « formation continue de spécialité » à travers le stage de formation des auxiliaires sanitaires de la Légion, appartenant à la compagnie d’instruction des spécialistes.

Il a également été montré que, tout au long de leur carrière, les aller - retour successifs des légionnaires entre leur régiment opérationnel d’origine et le 4e RE leur permettent de considérer ce dernier comme « leur deuxième maison » et, au niveau de la Légion étrangère, de conserver cohérence d’ensemble et homogénéité d’esprit « Légion ».

Colonel Thibault Capdeville

Chef de Corps du 4ème régiment étranger

 

| Ref : 729 | Date : 13-03-2021 | 2766